Crans-Montana, la belle endormie?
Par Danielle, dimanche 12 novembre 2006 à 19:19 :: Tourisme :: #24 :: rss
Les autorités du Haut Plateau de Crans-Montana déplorent la faible fréquentation de la station, qui se traduit par la fermeture d’hôtels, la faible affluence sur les pistes et la multiplication des lits froids. Pourquoi cette désaffection et comment y remédier? Monsieur Jean-Pierre Blanchard de La Celle Saint Cloud (France) nous donne ses réflexions.
"Aujourd’hui, l’offre dans les Alpes occidentales (Valais et Savoie) est abondante et de qualité. De Zermatt à Val d’Isère, on dénombre une dizaine de grands domaines à plus de 250 km de pistes et à des altitudes élevées, avec de la neige poudreuse et de belles pistes noires. Dans cette concurrence, les stations qui s’en tirent le mieux sont celles qui offrent le meilleur domaine skiable. Pour être dans la course, il faudrait que Crans-Montana puisse proposer un domaine équivalent, mais malheureusement, il suffit de consulter les nombreux sites internet qui attribuent des étoiles aux stations pour constater que notre station n’est pas classée dans cette catégorie : c’est une station pour skieurs moyens, à l’enneigement aléatoire en fin de saison. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de la faible fréquentation. L’offre d’une station de sports d’hiver est avant tout celle de son domaine skiable, qui est le fondement de tout.
Il est vrai que Crans-Montana, autrefois la perle du Valais, est devenue une belle endormie. Pendant que Verbier développait le Mont Fort, les Gentianes et la Chaux grâce à de grands téléphériques à la conquête de régions de haute altitude, Crans-Montana se contentait de rénover quelques télésièges à moyenne altitude. Pendant que stations voisines comme Nendaz et Thyon dans les 4 vallées ou Champéry et Avoriaz dans les Portes du Soleil étaient reliées pour constituer d’immenses domaines skiables, le rapprochement entre Crans et Anzère n’a jamais pu voir le jour. Crans est devenue au fil des ans une station de second plan, incapable de concurrencer celles qui ont su évoluer.
La récente réorganisation de CMA a suscité un immense espoir. Les autorités du Haut Plateau semblaient avoir retrouvé une ambition qui avait été perdue. On parla de « remonter sur le podium », de redonner sa place à Crans-Montana parmi les grandes stations. On voulut enrayer le déclin et on annonça que la station avait redevenir digne de son illustre passé. Pour cela, on changea l’équipe dirigeante de CMA, accusée d’avoir accumulé les erreurs ou de n’avoir pas fait assez. Les habitants et propriétaires de Crans-Montana attendaient de voir les projets qui allaient enfin changer le cours des choses.
Or nous apprenons maintenant que tous les projets d’extension du domaine sont abandonnés et que les « grands » investissements à venir sont la rénovation du télésiège de la Nationale et quelques canons à neige ! C’est à dire exactement le même projet que précédemment. Le grand chambardement n’aura servi à rien, et les déclarations sur le renouveau de la station n’auront été que des discours vides. La montagne accouche d’une souris. Pourquoi les skieurs viendraient-ils plus nombreux en 2008 qu’en 2006 ? Croit-on sérieusement que le remplacement d’un télésiège vétuste par un neuf suffira à donner un nouvel essor à la station ? Pas une piste de plus, pas de remontée nouvelle en altitude, bref le même domaine que celui qui existe depuis 30 ans. Avec ce statu quo, il n’y a aucune raison pour que la fréquentation augmente. Non, la belle endormie ne s’est toujours pas réveillée.
Il faudrait construire deux ou trois remontées d’altitude, du côté des Faverges ou de l’Erentze pour vraiment relancer Crans-Montana. Là se trouve la bonne neige, les grands espaces, tout ce que recherche le skieur d’aujourd’hui. Mais l’accord passé avec les écologistes interdit ce type de projets et bloque par là tout espoir de développement digne de ce nom. Cet accord est dramatique pour Crans-Montana, car il entérine définitivement le déclin de la station. C’est un enterrement de première classe.
La question dépasse largement les limites du ski et de l’écologie. Avec le plan de sous-développement qui est proposé, le chiffre d’affaires des commerçants, celui des artisans, celui des prestataires de services, les perpectives pour les jeunes continueront de stagner ou de péricliter. On se retrouvera dans quelques années face au même constat d’échec qu’hier.
Pour ne pas perdre encore dix ans, les habitants du Haut Plateau –dont je ne suis pas, étant seulement propriétaire d’un appartement- devraient voter contre ce projet totalement contraire aux intérêts de la station, et pousser les dirigeants des six communes à présenter un vrai plan de développement."
Par Jean-Pierre Blanchard
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Commentaires
1. Le mardi 14 novembre 2006 à 07:57, par Michael Gaberthuel
2. Le mardi 14 novembre 2006 à 14:39, par philippe herbots
3. Le mardi 14 novembre 2006 à 16:07, par Danielle Emery Mayor
4. Le mercredi 15 novembre 2006 à 18:03, par destree
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