• Les six communes du Haut-Plateau de Crans-Montana comptent 13'000 habitants et elles n’ont aucune obligation économique ni politique de fusionner. Le secteur des villages est très bien géré et il n’est pas sûr qu’une méga-commune puisse s’occuper mieux de la station, des villages et hameaux (Corin, Ollon, Flanthey, Loc, Chelin, Vaas, Icogne, Montana-Village, St-Clément, Champsabé, Lens, Chermignon d’en bas et d’en Haut, Valençon, Randogne, Bluche, Mollens, Diogne) que des autorités directement issues de ces mêmes localités. Le val d’Anniviers compte 2200 habitants environ, moins même que la commune de Montana.

  • La plus grande commune d’Anniviers, Ayer, est juste plus peuplée que le village de Chermignon d’en haut et doit entretenir un territoire 20 fois plus étendu que celui de Chermignon. La plus petite commune, Chandolin, compte environ 90 habitants, pour un territoire plus grand que celui de la commune de Lens.

  • Anniviers s’était engagé dans le processus de fusion avant la loi sur les communes du 5 février 2004, qui permet justement les associations de communes à buts multiples, voie choisie par les communes du Haut-Plateau de Crans-Montana.

  • A deux jours du scrutin en Anniviers, la cause semblait entendue et même Bernard Crettaz, sociologue, voyait poindre le spectre de la défaite. Le président d’Ayer, Georges-Alain Zuber, qui se trouvait face à une fronde de membres de son propre conseil,  se montrait lui aussi septique sur l’issue du scrutin. 

A certains égards, la situation est même paradoxale:

  • Avec l’association des communes, les six communes du Haut-Plateau auront à développer une seule station, Crans-Montana-Aminona. Elles devront contribuer au développement d’un seul domaine skiable, avec une seule société de remontées mécaniques, une seule société de développement, une seule police, un seul corps de sapeurs-pompiers, un seul golf, un seul réseau des promenades, etc. L’association est donc l’outil idéal pour les communes du Haut-Plateau. On fusionne quasiment tout sur la partie commune du territoire – le Haut-Plateau de Crans-Montana-Aminona – et on poursuit la gestion efficace des zones des villages, tout en améliorant à tout point de vue les efforts de coordination.

  • A l’inverse, la nouvelle commune d’Anniviers se trouvera à gérer plusieurs stations touristiques, plusieurs sociétés de remontées mécaniques, plusieurs sociétés de développement. On peut penser que nos amis Anniviards sauront investir un peu à Grimentz, un peu à St-Luc, sans oublier Zinal, et en pensant quand même à Chandolin. Reste encore Vercorin, tout à l’entrée de la Vallée, rattachée à Chalais. Comme le vote sur la fusion des bourgeoisies a été à l’inverse de celui sur les communes, la nouvelle entité devra encore composer avec six bourgeoisies qui sauront défendre leurs intérêts.

Anniviers a cherché la solution qui lui convenait à une époque où elle n’avait pas d’autre choix que la fusion. Les communes de Crans-Montana ont profité de l’opportunité donnée par la loi sur les communes du 5 février 2004 pour mettre en place un outil de gouvernance du Haut-Plateau de Crans-Montana, là où sont les problèmes qu’aucune d’entre elles ne peut affronter seule.

L’association permettra, à mesure qu’elle gagnera en expérience, d’intégrer de nouveaux buts.

L’association permet d’adapter la taille de la gouvernance à la complexité des enjeux. Une gestion de proximité pour résoudre les problèmes des citoyens. Une gestion concertée pour affronteur des défis auxquels se heurte toute la région socio-économique.

Le projet qui sera soumis à la population est donc le fruit d’une longue recherche de consensus entre toutes les communes. Certains auraient voulu faire plus. D’autres au contraire trouvent que l’on va déjà trop vite. Un travail très conséquent a été accompli durant ces deux dernières années par les exécutifs communaux en matière de rapprochement des communes. On pourrait le reconnaître au lieu de jeter le tout d’un revers de main.

Jean-Claude Savoy

Conseiller communal
Crans-Montana