Aquamust: du rêve à la réalité
Par Danielle, vendredi 15 décembre 2006 à 09:11 :: Tourisme :: #44 :: rss
Lettre de Sophie, écrite un soir d’automne de l’an 2011, à son amie Alice.
Chère Alice,
Je t’écris depuis Crans-Montana où ma vie d’urbaine trépidante m’a amenée pour un court séjour. La lumière d’automne est chaude même si au petit matin la rosée givre déjà sur les banches des arolles. J’ai pris «La grande peur dans la montagne», un vieux Ramuz qui traînait chez moi, pour passer le temps (je n’ai plus l’habitude de ne rien faire). Il y est question, entre rochers, lacs...
Ce matin, j’ai passé un moment à arpenter les rues de la station, c’est calme en cette saison. En passant près de l’étang Grenon, j’ai remarqué une sorte de puits d’où sortaient des fumerolles. En me penchant j’ai pu lire: «Source des eaux chaudes thermales du Rawyl».
Chère Alice,
Je t’écris depuis Crans-Montana où ma vie d’urbaine trépidante m’a amenée pour un court séjour. La lumière d’automne est chaude même si au petit matin la rosée givre déjà sur les banches des arolles. J’ai pris «La grande peur dans la montagne», un vieux Ramuz qui traînait chez moi, pour passer le temps (je n’ai plus l’habitude de ne rien faire). Il y est question, entre rochers, lacs...
Ce matin, j’ai passé un moment à arpenter les rues de la station, c’est calme en cette saison. En passant près de l’étang Grenon, j’ai remarqué une sorte de puits d’où sortaient des fumerolles. En me penchant j’ai pu lire: «Source des eaux chaudes thermales du Rawyl».
Je me suis dit que cette eau devait bien aller quelque part et j’ai demandé au tabac du coin qui m’a dit qu’elle se jetait un peu plus bas dans le village, dans les bains thermaux. Tu penses! Moi qui adore ça, j’ai couru prendre mes affaires.
L’entrée aux bains passe par une terrasse d’où la vue plonge vers les méandres du Rhône, du côté de Finges. La source sort de la montagne à cet endroit là, s’épanche dans un bassin, et se perd en cascades un peu plus bas. En descendant l’escalier, les vues vers la vallée et les cimes se répètent d’étage en étage par-dessus les toits planté de mousses de lichens rouges. Dès que tu entres, tu te crois au cœur d’une forêt d’arolles, ça sent bon la résine.
Je me suis énervée avec le banc qui coince les portes de cabines, quand tu le rabats il bloque mais il y en a forcément une qui se rouvre avant la manœuvre. Emballée dans mon peignoir blanc j’ai traversé le dédale de placards à habits, ils te plairaient: ils sont aussi en bois de mélèze comme l’armoire que tu avais décapée pendant trois semaines chez ta mère. Les bains sont comme des lacs entre de grands rochers reliés par des cascades d’escaliers, ils me rappellent les interdits de mon enfance quand Robert Marie et toi nous étions évadés de chez tante Adèle en plein nuit pour nous baigner au fond du val Ferret, dans une gouille laissée par une crue de la Dranse.
Trois ou quatre grands volumes qui semblent être en pierre ollaire, grise, assez sombre, mais mouchetée de blanc, sont plantés là. En passant j’ai remarqué qu’il en émanait une chaleur douce, un peu comme celle du vieux poêle du mazot. Depuis le bassin, tu peux te réfugier dans des niches qui donnent sur le paysage, la chaleur de la pierre m’a rassurée et je m’y suis assoupie un instant. J’ai pensé au dernier film d’Ocelot: «Azur et Asmar» en entrant dans un des rochers; les bains maures est voûté et entièrement revêtu de mosaïques byzantines bigarrées, et il y règne une odeur de bazar d’épices. Puis il a fallu que je demande à un autre baigneur comment me servir du sel dans le bain japonais, mais il ne savait pas non plus.
En sortant pour me rafraîchir, j’ai passé un moment dans une chaise longue à observer le paysage découpé en motifs géométriques par les troncs qui portent la toiture de branchages.
Depuis le bassin extérieur, la vue plonge de toute part et les sommets se reflètent dans l’eau, donnant l’impression d’être en pleine nature. Un maître nageur a passé devant moi, pour une fois j’ai pu lui parler en face, au lieu de devoir lui causer à ses pieds. La, je suis remontée au bistrot et glane les derniers rayons du soleil. Un vieille Faema 61 trône sur le comptoir.
Tu sais, le rouge à lèvre que tu cherchais partout, et bien c’est moi qui te l’ai piqué.
Sophie
C’est Me Philippe qui rêve de cette lettre écrite depuis Crans-Montana en 2011, ce sont aussi les architectes du bureau Bakker & Blanc à Lausanne qui nous projettent dans ce que pourra être le centre thermal Aquamust. L’histoire de ce centre thermal coule comme l’eau de la source depuis maintenant de longues années. «Je souhaite laisser une trace», disait à la presse mercredi dernier Me Philippe qui finance le projet, et qui compte bien le voir aboutir ces prochaines années. Là, le concours d’architecture est terminé, il a permis de retenir un projet qui a fait l’unanimité du Collège d'experts.
La procédure suit son cours. Si rien ne vient entraver le déroulement, les travaux devraient pouvoir commencer en 2009. Les architectes ont prévu une construction rapide, en 18 mois, peut-être 20. Y compris l’immeuble résidentiel déjà construit, les trois autres projetés et le centre thermal, l’investissement prévu se monte à près de 100 millions de francs suisses.
NB: La lettre de Sophie est extraite du Rapport du collège d’experts daté du 1er décembre 2006.
L’entrée aux bains passe par une terrasse d’où la vue plonge vers les méandres du Rhône, du côté de Finges. La source sort de la montagne à cet endroit là, s’épanche dans un bassin, et se perd en cascades un peu plus bas. En descendant l’escalier, les vues vers la vallée et les cimes se répètent d’étage en étage par-dessus les toits planté de mousses de lichens rouges. Dès que tu entres, tu te crois au cœur d’une forêt d’arolles, ça sent bon la résine.
Je me suis énervée avec le banc qui coince les portes de cabines, quand tu le rabats il bloque mais il y en a forcément une qui se rouvre avant la manœuvre. Emballée dans mon peignoir blanc j’ai traversé le dédale de placards à habits, ils te plairaient: ils sont aussi en bois de mélèze comme l’armoire que tu avais décapée pendant trois semaines chez ta mère. Les bains sont comme des lacs entre de grands rochers reliés par des cascades d’escaliers, ils me rappellent les interdits de mon enfance quand Robert Marie et toi nous étions évadés de chez tante Adèle en plein nuit pour nous baigner au fond du val Ferret, dans une gouille laissée par une crue de la Dranse.
Trois ou quatre grands volumes qui semblent être en pierre ollaire, grise, assez sombre, mais mouchetée de blanc, sont plantés là. En passant j’ai remarqué qu’il en émanait une chaleur douce, un peu comme celle du vieux poêle du mazot. Depuis le bassin, tu peux te réfugier dans des niches qui donnent sur le paysage, la chaleur de la pierre m’a rassurée et je m’y suis assoupie un instant. J’ai pensé au dernier film d’Ocelot: «Azur et Asmar» en entrant dans un des rochers; les bains maures est voûté et entièrement revêtu de mosaïques byzantines bigarrées, et il y règne une odeur de bazar d’épices. Puis il a fallu que je demande à un autre baigneur comment me servir du sel dans le bain japonais, mais il ne savait pas non plus.
En sortant pour me rafraîchir, j’ai passé un moment dans une chaise longue à observer le paysage découpé en motifs géométriques par les troncs qui portent la toiture de branchages.
Depuis le bassin extérieur, la vue plonge de toute part et les sommets se reflètent dans l’eau, donnant l’impression d’être en pleine nature. Un maître nageur a passé devant moi, pour une fois j’ai pu lui parler en face, au lieu de devoir lui causer à ses pieds. La, je suis remontée au bistrot et glane les derniers rayons du soleil. Un vieille Faema 61 trône sur le comptoir.
Tu sais, le rouge à lèvre que tu cherchais partout, et bien c’est moi qui te l’ai piqué.
Sophie
C’est Me Philippe qui rêve de cette lettre écrite depuis Crans-Montana en 2011, ce sont aussi les architectes du bureau Bakker & Blanc à Lausanne qui nous projettent dans ce que pourra être le centre thermal Aquamust. L’histoire de ce centre thermal coule comme l’eau de la source depuis maintenant de longues années. «Je souhaite laisser une trace», disait à la presse mercredi dernier Me Philippe qui finance le projet, et qui compte bien le voir aboutir ces prochaines années. Là, le concours d’architecture est terminé, il a permis de retenir un projet qui a fait l’unanimité du Collège d'experts.
La procédure suit son cours. Si rien ne vient entraver le déroulement, les travaux devraient pouvoir commencer en 2009. Les architectes ont prévu une construction rapide, en 18 mois, peut-être 20. Y compris l’immeuble résidentiel déjà construit, les trois autres projetés et le centre thermal, l’investissement prévu se monte à près de 100 millions de francs suisses.
NB: La lettre de Sophie est extraite du Rapport du collège d’experts daté du 1er décembre 2006.
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Commentaires
1. Le vendredi 15 décembre 2006 à 21:30, par G
2. Le vendredi 18 juillet 2008 à 11:25, par G
3. Le vendredi 18 juillet 2008 à 19:50, par Michel
4. Le vendredi 18 juillet 2008 à 19:53, par Danielle
5. Le mardi 22 juillet 2008 à 16:07, par Danielle
6. Le mardi 22 juillet 2008 à 19:35, par G
7. Le mardi 29 juillet 2008 à 21:09, par G
8. Le mercredi 22 octobre 2008 à 19:33, par G
9. Le mercredi 22 octobre 2008 à 20:12, par Paul Tronc
10. Le mercredi 22 octobre 2008 à 21:28, par G
11. Le vendredi 24 octobre 2008 à 11:36, par Danielle
12. Le vendredi 24 octobre 2008 à 18:36, par G
13. Le lundi 3 novembre 2008 à 18:12, par Michel
14. Le mardi 4 novembre 2008 à 07:53, par Danielle
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