En attendant le week-end, suivons Nathalie Getz qui est montée pour nous dans la nacelle.

«Quand on vole, on voit des choses qu’on ne voit jamais autrement». Sally Mayor, pilote de montgolfière et membre du club aérostatique de Crans-Montana, cherche les mots justes pour décrire sa passion. «C’est une expérience exceptionnelle: on sait d’où on part, mais jamais où on atterrit. Ça fait un bien fou de se laisser porter quelques instants, alors que tout est tellement structuré dans nos vies.» Après un silence, elle ajoute: «C’est quelque chose qui ne s’explique pas, il faut le vivre!» C’est comme ça que je me suis retrouvée à 100 mètres du sol, au fond d’une nacelle en osier suspendue sous un immense ballon, avec un compagnon de fortune et notre pilote, Gilbert de Joffrey.

Le décollage est prévu au petit matin. Le soleil qui se lève à peine colore d’une lumière orangée les montagnes grandioses qui nous entourent. Le village est encore endormi. Notre pilote et son coéquipier (qui nous suivra au sol pour nous récupérer à notre atterrissage), s’activent pour les préparatifs: leurs gestes sont rapides, précis. Le ballon se redresse majestueusement. C’est le moment! Nous grimpons dans la nacelle qui s’élève dans les airs quelques secondes plus tard dans un silence impressionnant, interrompus par les coups de brûleurs qui nous permettent de prendre de l’altitude. Mon esprit peu habitué à ce genre d’expérience peine à suivre: j’ai la sensation d’être dans un ascenseur panoramique ou sur un balcon. Mais non, c’est encore autre chose. Sally avait raison, ça ne s’explique pas… On se laisse pousser par les vents. Ce sont eux qui décident de notre destination pendant  l’heure que va durer environ notre vol. Vus du ciel, je découvre Crans-Montana et ses environs sous un angle nouveau. Au sol se dessine l’ombre de la montgolfière. Bon sang, je suis là-dedans? En me penchant un peu, des papillons me chatouillent le ventre. C’est quand même haut…Je préfère regarder les sommets au loin: eux aussi, d’ici, ont une autre allure.

Le soleil commence à nous réchauffer, pratiquement aucun nuage en vue. La météo est avec nous. De toute façon, pas question de jouer au plus malin avec elle: pour décoller, il faut des conditions optimales. Les règles de sécurité sont très strictes. Gilbert de Joffrey a dix-sept ans de vols derrière lui et, à part un atterrissage dans des conditions difficiles qui a secoué un peu ses passagers, il n’a jamais eu d’incident. Il repère une place idéale pour se poser. Mais tout ne dépend pas de lui: il faut jouer avec les vents. Nous avons de la chance, eux aussi sont avec nous. C’est tout en douceur que nous atterrissons sur un terrain facilement accessible pour le véhicule qui nous récupère avec la remorque pour le matériel…et la glacière dans laquelle une bouteille de vin blanc nous attend au frais. Il est à peine 10 heures du matin et la journée est déjà pleine d’émotions…

Adresse:
Club aérostatique
CP 53
3963 Crans-Montana 1
027 483 50 00
079 332 02 93

Nathalie Getz, in La Vie à Crans-Montana