Crans-Montana entre dans le Réseau santé Valais
Par Danielle, samedi 20 janvier 2007 à 09:17 :: Divers :: #113 :: rss
Feu Algée Duc est venu perturber le bon déroulement de la cérémonie vendredi soir, cérémonie durant laquelle invités et membres du personnel du Centre valaisan de pneumologie (CVP) vivaient un moment important dans l’histoire de ce que l’on appelait il n'y a pas si longtemps encore le Sanatorium valaisan. Lorsque la voix de l’ancien économe du Sanaval a résonné dans la salle, interrompant Sylvianne Mainetti qui dirigeait la cérémonie, tout le monde à sursauté. Cette voix, aux accents de Chermignon, a commenté les discours au fur et à mesure du passage sur l'estrade des différents orateurs: le professeur Jean-Marie Tschopp, puis le conseiller d’Etat Thomas Burgener qui a passé la parole à Raymond Pernet, président du Conseil d’administration du Réseau Santé Valais (RSV) et en fin Francis Tapparel, président de la commune de Montana.

Dès le 1er février, le personnel du Centre valaisan de pneumologie (CVP) sera transféré dans le Réseau Santé Valais (RSV). Ce passage est une conséquence de l’entrée en vigueur de la loi sur les établissements et institutions sanitaires (LEIS). Le personnel du CVP quitte donc le giron de l’Etat pour s’intégrer dans le RSV, établissement autonome de droit public et pièce maîtresse du système de santé valaisan.
Crans-Montana: un rôle précurseur
Pour le professeur Jean-Marie Tschopp, «la maladie de la médecine aujourd’hui, c’est d’être fragmenté. Nous devons inventer de nouvelles stratégies et travailler en réseau de santé». Et le médecin directeur de rappeler le travail de précurseur fait à Crans-Montana dans ce centre d’excellence en pneumologie qu'est le CVP. A tel point que les Etats-Unis ou encore le Japon se sont intéressés à la manière de prendre en charge les asthmatiques, pour réussir comme à Crans-Montana à faire chuter de 2.5% les hospitalisations (bénéfiques pour les coûts de la santé autant que pour le moral et le bien-être des patients). «On ne fait rien tout seul », a rappelé Jean-Marie Tschopp, voyant donc d’un bon œil l’intégration du CVP dans le Réseau Santé Valais, qu’il a qualifié de «voie d’avenir».
Une page d’histoire
C’est en 1920 déjà que le peuple valaisan accepte, de justesse, le projet de construction par l’Etat d’un sanatorium sur le Haut-Plateau. Mais Maurice Troillet échoue en 1924, quand il tente de faire voter un crédit d’engagement par le Grand Conseil. La dépression économique et les caisses de l’Etat désespérément vides mettent ensuite le projet en sommeil pour une bonne vingtaine d’années.
Le 24 mai 1941, en pleine seconde guerre mondiale, les autorités cantonales inaugurent le sanatorium valaisan, destiné en priorité à traiter des patients atteints de la tuberculose. Le Sanaval - appellation d’origine – compte alors 120 lits, répartis en 24 chambres à quatre lits et douze à deux lits. Certains le trouvent trop luxueux. Dès la fin de l’année 1941 il affiche complet et une liste d’attente doit être établie.
Dans les années cinquante le Sanaval répond à de nouvelles demandes: traitement de l’asthme, des bronchites aiguës, des œdèmes et cancers du poumon. Plus récemment, le CVP se lance dans la chirurgie thoracique. Agrandi, rénové, modernisé à réitérées reprises, il a été intégré par le décret du 4 septembre 2003 au RSV. Il offre des prestations en pneumologie, réadaptation cardio-vasculaire et générale, psychiatrie de liaison. Il abrite également le laboratoire du sommeil. La chirurgie thoracique a été transférée en 2006 à Sion, afin de concentrer sur un seul site les infrastructures lourdes.
Le CVP: 156 personnes y travaillent aujourd’hui
Depuis le 1er janvier 2006 le CVP compte 72 lits. Il occupe 156 personnes pour un équivalent plein temps de 115 unités. En matière salariale, le montant du traitement atteint auprès de l’Etat du Valais à la date du transfert est garanti. Au niveau de la prévoyance professionnelle, les années d’activité des collaborateurs du CVP seront reconnues comme années d’activité après du RSV.
Le Centre Valaisan de Pneumologie fait partie du Centre Hospitalier du Centre du Valais (CHCVs). Les prestations offertes sont les suivantes : pneumologie, réadaptation cardio-vasculaire et générale, psychiatrie de liaison. Le CVP abrite également le laboratoire du sommeil. La chirurgie thoracique a été transférée à l’Hôpital de Sion.
L’Hôpital du Valais: le RSV
Le RSV – dont le budget annuel se monte à 500 millions de francs – est un établissement autonome du droit public. Il est composé des établissements et institutions sanitaires suivants: les hôpitaux de Brigue, Viège, Sierre y compris la Clinique Ste-Claire, Sion, Martigny, du Chablais et la Clinique St-Amé à St-Maurice ; de l’Institut central des hôpitaux valaisans (ICHV) dont les activités déléguées demeurent sous l’autorité du département ; du Centre valaisan de pneumologie (CVP) et des Institutions psychiatriques du Valais romand (IPVR).
Quadrimed, sur fond d’inquiétude pour la «Lucernoise»
Plus de 1000 médecins se retrouveront à Crans-Montana pour la vingtième édition du Quadrimed, du 25 au 29 janvier. Cette rencontre organisée par les quatre cliniques de Crans-Montana s’adresse aux médecins dans le cadre de leur formation continue, mais aussi au grand public. Cette fois-si, c’est le fondateur et le CEO de l’entreprise de textiles Switcher, Cornelius Robin, qui donnera une conférence (25 janvier au Régent, à 18 h 15).
Mais en arrière-plan de Quadrimed comme dans l’esprit des politiques locaux et cantonaux, l’avenir de la clinique du canton de Lucerne suscite des inquiétudes. En effet, Lucerne a manifesté son intention de fermer cette clinique. Les autorités de Crans-Montana et le chef du Département valaisan de la santé Thomas Burgener vont se rencontrer tout prochainement pour discuter de la clinique lucernoise.
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