Qu’est-ce qui pousse un jeune homme qui a su employer son diplôme de l’école hôtelière pour voyager au coeur de l’hôtellerie de luxe (Hyatt international, Paris, Bruxelle, Casablanca, New York) à reprendre Le Plaza à Crans-Montana?

Sébastien Bonvin est un enfant du pays. Revenu en vacances à Crans, il apprend que Le Plaza est à louer. Stimulé par ses amis, Jean- Daniel Clivaz le premier (à la tête de plusieurs restaurants), il décide de rejoindre cette génération de jeunes entrepeneurs qui refusent de s’asseoir sur des lauriers fatigués et qui «mouillent» leur chemise pour donner un souffle nouveau au Haut-Plateau.

En moins d’un mois, il relooke le bistrot. Orange et gris perle donnent aux parois un air frais, les poutres en bois sont conservées, les chaises, recouvertes de couvertures militaires; croix suisses et vaches se prêtent au style bucolique et montagnard dans l’air du temps. Côté carte, celle des mets laisse deviner le parcours du patron. Déjà incontournable, le Burger maison (directement importé de New York) avec sa viande de boeuf hachée au couteau, son pain toasté et ses frites maison permettent d’assouvir certaines envies qu’ailleurs on n’oserait avouer. Les boulettes d’agneau aux épices orientales rappellent le Maroc, les gambas des îles... les îles, le coquelet aux écrevisses, la France. L’assortiment de tapas remplace joliment les entrées traditionnelles et crée même une certaine convivialité à l’heure de l’apéro. Jolie carte de desserts. Un fondant au chocolat qui remplit son rôle: nous faire fondre de plaisir.

Sébastien Bonvin privilégie les vins du pays (on peut les déguster au verre), sélectionne les bons propriétaires-encaveurs du coin mais offre également quelques crus étrangers de bonne tenue.


France Massy, in Le Nouvelliste, 29 janvier 2007, page 24
Photo Mamin Le Nouvelliste