C’est dans l’administration que Gérard Gasser a commencé à se familiariser avec les familles, alors qu’il était président de Mollens. Depuis sa retraite, il s’est mis sérieusement à la généalogie. Il s’est équipé d’un logiciel, a commencé ses enquêtes auprès des paroisses, des registres d’état civil… Son vœu? Dresser l’arbre généalogique des familles bourgeoises de Randogne et Mollens. Les Gasser, les Clivaz ou les Crettol, les Berclaz ou les Amoos… «Un projet ambitieux où les premières traces écrites datent de 1670…», explique Gérard Gasser. A 75 ans, Gérard Gasser est heureux de se lancer dans l’aventure même s’il regrette parfois ne n’avoir pas débuté ses recherches plus tôt! Mais à 20 ans, se soucie-t-on vraiment de ses origines ?

C’est le cas de Pascal Rey, enseignant à Corin. A 18 ans, il se prend de passion pour la généalogie, depuis 20 ans déjà, il explore ses ascendants et ceux des autres… «C’est par curiosité que j’ai débuté, mon grand-père était une autorité locale, j’avais envie d’explorer l’arbre de mes ancêtres… », explique le député. A son mariage, Pascal offre à ses oncles et tantes un arbre généalogique, lorsqu’il découvre dans la maison de sa sœur une poutre portant l’inscription de Pierre Crettol et datée de 1567, il décide de remonter les 14 générations qui les séparent… Enfin, il publiait récemment «Les derniers condamnés à mort», où il y joignait la liste des descendants de François Rey, décapité avec ses deux acolytes en 1842. «Nos familles sont aujourd’hui petites, se sentir appartenir à une même grande communauté est devenu d’autant plus important». Au final, François Rey a introduit déjà 4200 noms dans son ordinateur… Un peu moins que les 35'000 noms inscrit sur l’ordinateur de sa référence, Jean-Pierre Duc!

Ne dites pas au géomètre de Chermignon qu’il est passionné de généalogie. La passion c’est une chose, mais dans son cas, c’est de l’acharnement. D’abord son logiciel, fabrication maison, sans cesse retouché et développé, unique en son genre: Filiation, ascendance, descendance, sources, cousinage, prénom de baptême, prénom usuel… toutes les recherches sont possibles, un logiciel qui pourrait bien être le plus performant au monde, tout simplement! Mais de ça, Jean-Pierre Duc n’en a cure, il n’a pas le temps d’aller vérifier…

Le géomètre de Chermignon s’est intéressé à la généalogie en 1982, date de la fête des descendants de Fabien Duc, son arrière grand-père. Il établit alors un arbre pour l’occasion. En 1990, il est responsable de la reconstruction de la «Remointse du Plan» dans les alpages de Mollens. 30 personnes se réunissent, mais qui va payer quoi? Il fallait connaître les descendants de Jérémie Barras et Ludivine Duc-Barras, fils et petite-fille héritiers d’Augustin Barras (1803-1880). 1300 descendants directs répertoriés! En 1997, Jean-Pierre Duc met de l’ordre dans ses papiers, puise dans ses contacts avec les gens du village qu’il côtoie aussi dans son activité professionnelle. Amédée Rey lui indique de nouvelles sources, il découvre aussi les archives du Prieuré de Lens, des cadastres de droits d’eau notariés, le «Status animarum» de 1687, recensement des âmes, par famille et par village … «Conscient d’un travail fou, je me devais de faire dans la systématique pour qu’il soit utile et fiable», explique Jean-Pierre Duc. Et petit à petit, le voici utiliser ses connaissances de latin en dressant la cartographie généalogique du Grand Lens.

Photo: Extrait des archives du Prieuré de Lens, registre des baptêmes.