Derrière chaque bistrot, il y a une aventure humaine, nous raconte Pierre Thomas.

"Bourgeois de Randogne (VS), «Aco» Kalajdzic garde l’empreinte de ses origines, la Bosnie, où samère cuisine encore «lemeilleur poulet du monde», avec plein d’herbes, et où il a converti son frère à la restauration. Lui, il se destinait au dessin de machines: il quitta son village pour la Slovénie, puis pour Trieste. Au passage, il apprit à skier à Maribor, le Crans slovène, et s’en vint aux sports d’hiver sur le Haut Plateau valaisan en 1984. «Je n’en suis jamais reparti…» Saisonnier, il a été casserolier dans un hôtel, puis, dix ans, maître d’hôtel dans un restaurant sur les pistes. Au passage, il a épousé une de ses compatriotes, cuisinière de métier. Deux garçons sont nés ici. Pour le plaisir de quelques «schuss», Aco, diminutif d’Alexandre, s’est offert une belle ascension sociale en bossant. D’employé, il est passé au statut de patron, reprenant, il y a quelques années, une pizzeria connue de Montana, le Michelangelo, et, depuis quelques mois, ce resto, aux tables serrées, aux nappes à carreaux vives, changées à chaque service. Un miroir trompe l’oeil et laisse croire que la salle est plus grande. Le couple, quadragénaire, a le sens de l’accueil et salue ses habitués. Le pizzaiolo lui a présenté un chef ami, chez lui, en Sardaigne. Et depuis cet hiver, la cuisine de l’Oliveto affiche résolument des tons méditerranéens. Le patron adore l’Italie depuis son plus jeune âge: pour gagner quelque argent de poche, il avait fait des pizzas dans un petit restaurant de Trieste. «Même chez nous, outre les plats d’inspiration hongroise ou ottomane, on cuisine un peu comme en Provence, avec beaucoup d’herbes. Et j’aime l’huile d’olive»: on s’en serait douté, rapport à l’enseigne."

La suite de l'article est une véritable invitation à passer à table...


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