"Les modèles d'Ovronnaz, qui retire près de 65% de ses revenus grâce à son centre thermal, de Saillon et de Loèche-les-Bains, ont fait des émules. A Grimentz, à la place de l'actuel Hôtel Marenda, «Le Hameau des Bains» devrait bientôt naître, fort de 3200 m2 pour le centre thermal. Soit une grandeur similaire à celui d'Ovronnaz. Dans la foulée, 300 lits hôteliers seront susceptibles d'apporter 20000 journées-skieur supplémentaires pour les remontées mécaniques de la station anniviarde. Diligentés par la société Holimont, les nouveaux bains coûteront environ 15 millions. Les promoteurs espèrent vendre 40 appartements pour le financer. De son côté, Val-d'Illiez planche également sur un nouveau projet. Verbier aurait également des idées dans ses tiroirs et, à Crans-Montana, la thématique est lancinante", écrit Bastien Buss.

La Gruyère vient d'investir 24 millions de francs dans ses bains qui viennent d'ouvrir au public. Le coût de ce genre d'offre est élevé, si on en croit les prévision à Charmey: "Au-delà de l'investissement initial (public, privé ou mixte), il faut encore couvrir les charges salariales et énergétique. Rien qu'à Charmey, cette dernière (électricité, chauffage et divers) devrait s'élever à 500000 francs par an. A terme, l'endettement pourrait mettre certains établissements sous pression."

Et de regarder l'exemple français, pays pionnier dans le thermalisme qui a appris que la béatitude corporelle n'est pas la fameuse poule aux oeufs d'or qu'elle espérait. Bastien Buss cite Olivier Foro, directeur marketing des Bains d'Ovronnaz: «L'arrivée de nouveaux acteurs va compliquer la situation. Cela dit, je ne crois pas qu'il y ait un immense besoin à combler au niveau de l'offre».

"On peut craindre le pire"
En d'autres termes, lit-on dans cet article, "on frise les surcapacités. Les différents centres devront donc lutter pour attirer de la clientèle et il faudra même en trouver une nouvelle, le marché romand n'étant pas extensible à souhait. «Si tous les projets, valaisans notamment, devaient se concrétiser, on peut craindre le pire», met en garde Patrick-Louis Duruz, directeur des bains thermaux d'Yverdon et président du Comité suisse des espaces thermaux, qui compte 16 membres. De manière plus générale, il estime que la différence se fera sur la clientèle locale que les centres pourront rendre captive.

«Dans nos immeubles, qui alimentent en clientèle le centre thermal, le taux d'occupation s'élève à 80% depuis dix ans environ», détaille Olivier Foro, qui prédit des jours difficiles aux entités qui ne peuvent s'adosser à un parc immobilier.

Dans le pays, ces cinq dernières années, les investissements se sont élevés à 500 millions de francs, selon les données de Suisse Tourisme. Du côté du canton de Saint-Gall et de Bad Ragaz, il est prévu d'injecter 115 millions de francs d'ici à 2010. Et si cette industrie continue de susciter de telles convoitises, c'est qu'elle peut aussi être rentable. Les Grands Hôtels de Bad Ragaz ont affiché l'an passé un résultat d'exploitation (EBIT) en hausse de 6,4% à 10,3 millions et le bénéfice net a augmenté de 41,4% à 7,4 millions. "

Actuellement à Crans-Montana, trois projets sont sur la ligne de départ: le projet privé Aquamust, le projet intercommunal d'aqualoisirs à la Moubra où le groupe de travail a des contacts avec des investisseurs potentiels qui devraient bientôt faire connaître leur proposition, et finalement le projet de la famille Meyer, à la Moubra aussi, qui a présenté un projet avec un hôtel.