«Les grandes stations de ski ne fermeront leurs pistes que le 8 mai», nous apprend Gabrielle Serraz, correspondante du journal à Grenoble. Selon le premier bilan tiré par les stations françaises, «le chiffre d’affaire national se traduira par une baisse globale de l’ordre de 15%.» Un taux qui pourrait encore évoluer puisque les stations d’altitude ont encore deux semaines d’exploitation (quand on dit grandes stations, on pense à celles qui représentent la moitié de l’activité nationale française, soit Tignes, la Plagne, Courchevel, les Deux Alpes). Selon l’analyste Pierre Folliet, ces stations devraient terminer la saison avec un chiffre d’affaire égal à l’an dernier ou légèrement inférieur (de 2 à 3%): «Ce qui montre qu’elles disposent d’une faculté de réactivité très puissante et que les investissement en neige, en marketing et en promotion portent leurs fruits. La destination neige reste attractive, mais, en dessous de 2800 mètres, on ne peut plus faire du ski.» Une analyse que l’on peut transposer sur notre région… Les moyennes stations enregistreront une baisse d’attractivité de l’ordre de 30% au niveau national. Le journal cite Laurent Raynaud, directeur du Syndicat national des téléphériques de France qui parle de régions «sinistrées» dans le Jura, les Vosges et les Massif central, dans une moindre mesure les Pyrénées (les Alpes du Sud limiteraient la casse).

Les aléas climatiques vont s’amplifier

Selon Gabrielle Serraz, à la fin de cette saison d’hiver en France, «le nombre de journées skieurs devrait diminuer de 10% au niveau national alors que l’an dernier il était en hausse de 4%, à 56 millions et s’était traduit par un chiffre d’affaires de 1.04 million d’euros (+4,5%).»

Selon Les Echos, la baisse des recettes ne serait pas catastrophique car les stations qui ont investi dans la neige de culture ont tiré leur épingle du jeu. C’est la même réflexion qui est menée à Crans-Montana puisqu’il y a la volonté de se donner les moyens d’enneiger mécaniquement le domaine en un minium d’heures. Même si en France comme à Crans-Montana les "canons à neige" ont besoin d’une température basse pour pouvoir fonctionner et sont tributaires du réchauffement climatique, ces investissements sont considérés comme essentiels. La journaliste rapporte que les stations françaises qui avaient investi 156 millions d’euros dans de nouvelles remontées mécaniques l’an dernier devraient diminuer ces efforts et les reporter sur la neige de culture, car seuls 20% des pistes et 4% des domaines skiables sont équipés, soit deux fois moins que nos voisins autrichiens et italiens.

A Crans-Montana, on a bénéficié d’un domaine situé en altitude avec des bonnes conditions de ski. Mais reste à l’avenir à augmenter la communication pour que les gens ne calquent pas leur envie de skier en fonction du temps qu’ils aperçoivent par la fenêtre. Nous vous en parlions ici. Rappelons que CMA investira  prochainement dans le changement du télésiège de la piste Nationale qui permettra aux skieurs de relier les Marolies à Cry d'Err (620 m. de dénivelé) en moins de 7 minutes.


Merci à M. Blanchard qui nous a transmis cet article paru dans Les Echos du 19 avril dernier.


Cette info pour terminer, tirée de la newsletter du salon Swiss Alpina qui ouvre le 2 mai à Martigny:
Au Québec, la moyenne des températures hivernales est de -15°C en janvier. Cette année, on enregistrait +10°C. L’hiver s’est installé vers fin janvier, raccourcissant ainsi la saison d’enneigement. Cette réduction des surfaces enneigées ralentit le phénomène de transmission du froid à l’atmosphère accentuant la rétroaction positive - Les sols sans neige renvoient la chaleur des sols dans l’atmosphère aggravant l’effet de serre. Le même phénomène s’observe dans les Alpes.

Et encore:

Téléverbier annonce des résultats records pour la saison 2005-2006 avec un CA de 46.7 millions de francs. Pour mémoire, la société a investi 10,8 millions dans le nouveau télésiège à bulle des Attelas doté d’un confort maximal. Elle s’apprête
cet été à remplacer la télécabine de la Tzoumaz par une nouvelle de 8 places. Les travaux sont devisés à 12.5 millions. D’autres installations sont planifiées en 2009-2010, l’une des Esserts à Savoleyres, l’autre du hameau de Verbier aux Ruinettes.