Le mec le plus aidé du monde
Par Danielle, lundi 21 mai 2007 à 20:05 :: Culture :: #352 :: rss
Même avec son jeune âge, Marc Aymon, jeune artiste valaisan (ancien chanteur et guitariste de Mistral), possède déjà une bonne maturité artistique. Il répond à nos questions pour «Le Nouvelliste».
Artiste en Valais, c’est possible? On peut être artiste partout, on n’a pas besoin du Valais ni d'aucune région pour être artiste. Du moment que tu crées, que tu essaies de trouver ton identité, tu es un artiste. Le Valais c'est à double tranchant; c'est petit, donc familial, les gens te soutiennent, mais en même temps c'est très caché. Mais si la question c'est «est-ce possible de manger en étant artiste en Valais?», la réponse est non.
Avez-vous déjà pensé à partir de
Bien sûr, c'est quelque chose qui se dessine. Je pense que si on est bien organisé on peut se lancer en France et avoir des personnes là-bas qui contactent les journalistes tout en restant en Valais. L'idée de partir c'est surtout l'idée de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Jusqu'à maintenant j'ai eu très très peur de ça, parce que je me sens peut-être pas encore prêt. Oui la question se pose et oui il va y avoir un mouvement vers
Quelles sont les difficultés rencontrées en tant qu'artiste valaisan?
Je pense que la difficulté c'est déjà de réussir à faire des concerts en dehors du Valais... Dans notre canton, la difficulté c'est comment est-ce que tu arrives à gérer le fait que les gens croient que tu es riche parce que tu passes dans les journaux. Vendre 3000 ou 4000 disques te permet juste de rembourser tes dettes. Pour vivre, il faut travailler à mi-temps. Financièrement la musique ne t’offr pas l’autonomie. Elle te permet de faire des rencontres, de te nourrir de douceur et de tendresse mais elle ne nourrit pas ton porte-monnaie.
Quel est selon vous le chemin à suivre pour percer dans la musique?
Il faut se laisser bercer, mais il faut forcer aussi un peu le destin, lancer des rêves, être là avec sa guitare, être passionné, avoir les yeux grands ouverts. L’élément indispensable c’est d’avoir envie, de faire des choix et de s’y tenir... Les artistes doivent montrer qu'ils ont envie et qu'ils méritent d'être soutenus. Etre musicien c’est jouer partout, dans la rue, les bistrots. Ne pas faire la fine bouche. Je pense qu'il faut avoir la chance d'être très bien entouré mais ça aussi ça se crée. Depuis la sortie de «l’Astronaute» je me suis rendu compte de la nécessité d'avoir une équipe, d'avoir aussi des personnes qui te protègent parce que tu ne peux pas écrire des chansons, trouver des concerts, t’occuper des musiciens, t’occuper du site internet. C'est comme une petite entreprise...
Avez-vous bénéficié de l'aide d'une association ou autre?
L'Etat du Valais m'a aidé comme
Pensez-vous qu'une vraie salle de concert permettrait aux jeunes artistes de se lancer en Valais?
J'espère qu'il y aura une salle de concert et que j'en serai le programmateur (rire). Il y a déjà des structures, le Totem,
Avez-vous déjà soutenu des jeunes artistes valaisans?
On essaie de soutenir quand il y a un organisateur qui appelle et qui te demande à quel autre groupe tu penses. Il y a des groupes comme Linch’en que j’aime bien. Je suis aussi toujours demandeur de collaboration, j’essaie de nouvelles choses.
Ness m’a fait écouter ses maquettes, et m’a réconcilié avec le rap. Fait comme ça c’est la plus belle musique du monde. C’est en collaborant que l’on essaie de se soutenir.
CHARLOTTE, journaliste d’un jour pour Le Nouvelliste (Lycée-collège des Creusets, Sion)
Marc Aymon avec ses musiciens, en concert à Ayent le 25 mai puis le 22 juin à Lens (dans le cadre du 75e anniversaire du HC Lens ; il y aura aussi « K » et Thierry Romanens)
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