Mise à jour : voici ce qu’en dit ce jeudi 24 mai le Nouvelliste, sous la plume de Vincent Fragnière :

La clinique lucernoise de Crans-Montana peut «respirer» au moins jusqu’au 1er janvier 2009. Le Conseil d’Etat du canton de Lucerne a décidé de la conserver pendant au moins une année et de l’intégrer au nouveau réseau santé lucernois qui débutera au 1er janvier 2008. «Nous avons également prolongé le délai de négociation pour vendre cet établissement, car nous avons toujours cette volonté», confirme toutefois le conseiller d’Etat lucernois Markus Dürr.

Si plusieurs propositions d’achat ont été analysées et négociées - l’une d’entre elles a même fait l’objet d’une lettre d’intention -, aucune n’a satisfait le Gouvernement lucernois. «Il y a moins de dix ans, nous avons investi 28 millions de francs dans cette clinique publique. Aujourd’hui, pour la vendre, nous devons passer l’objet devant le peuple qui n’acceptera pas n’importe quel prix. En prolongeant le délai de négociation, nous évitons donc la fermeture de cette clinique.» Markus Dürr se montre également critique vis-à-vis du Gouvernement valaisan. «Il n’a pas fait de vrai geste pour favoriser le maintien de ces emplois qui ne concernent que des Valaisans ou des personnes habitant en Valais. Pourtant, des synergies sont possibles avec la clinique valaisanne. Aujourd’hui, notre établissement compte 70 lits pour quatre disciplines dont la plupart sont les mêmes qu’au centre valaisan. Il faut mettre ensemble tout cela.» Joint au téléphone, le chef de la santé valaisanne Thomas Burgener n’accepte pas ces reproches. «Nous avons tenté de fusionner les quatre cliniques du Haut-Plateau. Mais cela s’est avéré impossible. Nous ne pouvons pas non plus intégrer la clinique lucernoise au RSV, car nous avons déjà suffisamment de lits de réadaptation.» Par contre, le conseiller d’Etat socialiste se montre satisfait de la décision du Gouvernement lucernois. «On pouvait s’attendre au pire, soit la décision de fermeture de la clinique, puisque le délai de négociation était terminé et qu’aucune offre n’a convaincu le Gouvernement lucernois. Cette prolongation d’une année laisse au moins toutes les portes ouvertes pour trouver une solution positive.»

Le climat d’incertitude persiste. Du côté de la clinique, le directeur administratif Fabien Wenger signale tout de même que cette prolongation jusqu’en janvier 2009 ne change en rien le climat d’incertitude qui règne au sein de la clinique depuis deux ans déjà. «L’an passé, le taux de renouvellement de notre personnel a doublé par rapport à celui de 2005. Cela démontre parfaitement l’état d’esprit de nos 120 employés face à cette situation transitoire.» Une situation que comprend parfaitement le conseiller d’Etat Markus Dürr. «La clinique est un établissement public et nous avons l’obligation d’annoncer nos intentions et notre stratégie. Dans le privé, ce type de démarche ne se ferait pas de manière aussi ouverte...»