Rappelons que Crans-Montana était autrefois la zone des mayens où montaient les habitants des villages au début de la belle saison, avec leur bétail. Aujourd'hui ce plateau est devenu une petite ville qui, durant les vacances de Noël par exemple, réunit plus d'individus que n'en compte la capitale du Valais! Mais les agriculteurs ne sont pas tous devenus professeurs de ski ou hôteliers, heureusement.


Entre "Reines" et vignes

En Valais, on compte 1816 personnes pour lesquelles l'agriculture est leur activité principale (39% de la totalité des exploitants agricoles) et 2951 qui le font à titre accessoire, soit 61%). Qu'en est-il dans notre région?
Sur les six communes de Crans-Montana, l'agriculture se décline en deux groupes principaux: les viticulteurs d'une part, les éleveurs de bétail de la race d'Hérens d'autre part. En effet, indique Fabrice Nanchen qui a réalisé une étude sur le potentiel de l'agrotourisme à Crans-Montana (voir Sixième Dimension à paraître le 6 juin prochain), "près du ¾ des agriculteurs possèdent des "Reines" dont deux qui pratiquent cette activité à titre principal. Ces exploitants cultivent leurs prés et élèvent leur bétail, le lait n'étant généralement pas commercialisé, car il est donné aux veaux durant l'hiver. Les veaux femelles sont élevés pour la garde et les mâles sont engraissés, abattus et vendus soit en vente directe à des privés, soit au marchand de bétail ou aux bouchers locaux. De plus, une partie de leur revenu est fourni par la vente des "Reines", revenu qui peut être qualifié d'occasionnel car il n'est pas forcément régulier sur une année de production. L'élevage est donc plus une passion qu'une réelle activité lucrative, car les besoins financiers sont généralement compensés par les paiements directs et les revenus annexes. La viticulture des six communes, quant à elle, couvre une surface de 340 hectares et se caractérise, comme sur le plan valaisan, par près de 90% de petits propriétaires ayant un revenu principal hors viticulture. Ces derniers vendent leur vendange aux encaveurs ou aux grandes caves de plaine, vrais professionnels de la branche ne vivant que de cette activité. Ces encaveurs amassent la vendange en automne et la transforment en un excellent breuvage, commercialisé au niveau local, valaisan ou exporté dans une majeure partie de la Suisse."

Des paiements directs insuffisamment ciblés

Grâce à l'agriculture, nous trouvons sur le marché fruits, légumes, viandes, oeufs, vins... Mais un agriculteur est aussi un jardinier du paysage, ce paysage que les touristes apprécient (et les habitants aussi...). Les agriculteurs vivent du produit de leur terre mais sont aussi aidés par des "paiements directs" et des subventions aux produits agricoles. D'après les chercheurs du Programme national "Paysages et habitats de l'arc alpin" (PNR 48) , la Politique agricole 2011 ne devrait pas être à même de stopper le recul de la diversité biologique et des paysages. Or, c'était un des arguments pour maintenir ce type de rétribution. Les scientifiques proposent donc de changer cette manière de faire et de rétribuer les agriculteurs pour des prestations écologiques, définies de manière précise. Les chercherus notent encore que l'abandon de l'agriculture de montagne aurait des effets vraiment négatifs sur les ressources naturelles, pareil si on réduit à un taux minimal les prestations exigées de l'agriculteur pour pouvoir toucher des paiements directs.

En rétribuant les agriculteurs pour les prestations non compétitives, on parviendrait à favoriser la diversité de notre paysage
. Les auteurs du rapport
proposent également qu'un tiers au moins des paiements directs soient alloué par le biais de programmes régionaux. Cela permettrait d’améliorer l'efficacité et de mieux prendre en considération les aspects régionaux du paysage.
L'info traitée sur Swissinfo: par ici!

Photo en début de texte: Musée d'alpage de Colombire à Crans-Montana