Les rayures bleues et blanches appartiennent à l’horizon visuel des bords de mer. Le noir et le blanc renvoient l’homme qui les porte au soir, à la nuit des casinos et des réceptions «black tie only». Le jean taille très- très-basse et XX-moulant ne renvoie à plus rien du tout, il devrait être interdit, sauf sur Kate Moss (qui n’en porte plus depuis hier, d’ailleurs) et sur des fillettes de moins de 11 ans. Voilà pour les quelques certitudes vestimentaires que la mode n’a pas encore usées et rendues obsolètes. Bien sûr, il reste encore au mâle du XXIe siècle quelques règles auxquelles il peut se cramponner: le monde des affaires lui impose ses lois d’élégance bien codifiées (costume, cravate et chemise d’une discrétion qui sied au secret bancaire). Et quelques vertueux Britanniques (que Dieu sauve leurs traditions vestimentaires) continuent à distinguer leur vestiaire «country» (tweeds, cravate à motifs animaliers, maille) de leur garde-robe «city» (rayures banquier, chemises blanches, etc.). Mais pour le reste... Bref, hors des environs du golf qui reste un des derniers bastions occidentaux à résister à la vulgarité du sportswear ramollo, y a-t-il une raison, une seule, pour qu’une femme en vacances s’habille différemment dans les rues d’ ne grande station de montagne et à Genève, Milan, Paris ou New York?

Non.

La nature n'est plus si hostile qu'il faille s'habiller en montagnard d'opérette!


Et pourquoi non? Parce que, bonté divine, entre le Lac Grenon et la Moubra, la nature n’est plus si hostile qu’il faille se déguiser en montagnard d’opérette – chaussures à motif d’edelweiss, chemise à carreaux. Parce que qui dit look «vacances à la montagne» dit, le plus souvent, relâchement et avachissement généralisés – l’aisance, il y a des lieux pour ça, comme le disait le grand poète. Et puis, parce que la mondialisation est là, qu’il n’y a plus de grandes différences de styles et de codes entre les rues d’un bled de Bretagne et celles de Shanghai, et qu’à moins de briguer la présidence d’un club de patoisants haut-valaisans, ou d’avoir hérité d’un de ces magnifiques fichus noirs brodé de fleurs colorées que portaient les Chermignonardes, circa 1930, il est risible de vouloir faire couleur locale.

Leçon de mode 2007
Pour celles qui auraient échappé aux 12 tonnes de cahiers de tendances, produits saisonnièrement par les magazines, pour celles qui ont tout oublié ou tout mélangé, voici une remise à niveau des leçons de mode prodiguées par les défilés vus à Milan, Paris et New York. Pour les beaux jours de 2007, préférence à une silhouette trapèze. Taille haute (large ceinture remontée, robe empire). Jambe nue (très nue, si possible). Primauté aux éclats métalliques (chaussures délicieusement argentées, sacs dorés, mais attention à l’effet «fiassepou-sur-la-Côte-d’Azur». Teint aussi porcelainissime que possible (foin de bronzage excessif, cf le teint de poupée talquée arboré par Nicole Kidman, Cate Blanchett). Rien qui ne vienne surjouer la sexytude. Préférer la fragilité, l’élégance détachée, voire un peu de sévérité. Aux pieds, deux ballerines, quand ce ne sont pas deux chaussures à plateaux – ici, il convient peut-être de ne pas exagérer autant qu’en ville. Le jour: un sac géant à l’épaule. Le soir: une pochette XXL à la main. Amen, cqfd, ainsi soit-elle.

Par Stéphane Bonvin
(journaliste de mode, dirige la rubrique Société du quotidien suisse Le Temps pour lequel il suit régulièrement les défilés internationaux)





La Vie à Crans-Montana: parution du 52e numéro

"On ne se doute pas que se croisent, sur le Haut-Plateau, des personnages magnifiques, aux histoires passionnantes, des créateurs, des hommes et des femmes engagé(e)s, des scientifiques époustouflants qui tous sont attachés à ce coin de pays." Comme le souligne cet extrait de l'éditorial, le sommaire du magazine bisannuel
La Vie à Crans-Montana fourmille de textes intéressants; un sommaire concocté par la nouvelle rédactrice en chef Isabelle Bagnoud.

Vous trouvez le 52e numéro dans tous les commerces, les offices du tourisme et auprès de l'éditeur, l'agence immobilière Barras.

Vous retrouvez aussi le magazine et certains des articles sur internet (y compris les archives), à cette adresse: www.vie-a-crans-montana.ch