Comme la grande majorité des stations, Crans-Montana est née sur un alpage à la fin du XIXe siècle. Dans le cas particulier du Haut-Plateau, son implantation comme ses premiers développements ne sont pas liés à ceux des remontées mécaniques. Pour un premier temps du moins, même si le ski et le sport en général vont très rapidement régir la vie de la station.

Autour du funiculaire

Du premier noyau de construction, il ne reste presque rien. Ce qui n’empêche pas Sylvie Doriot Galofaro, historienne de l’art, ethnologue et professeure au centre scolaire de Crans-Montana, de proposer une visite architecturale en deux volets: Montana et Crans. Petite balade de deux heures en compagnie d’une dizaine de personnes – des femmes pour la plupart – lors de la première visite, dont le point de départ est fixé à la station du funiculaire. «Même si le premier établissement de la station est l’Hôtel du Parc, le véritable noyau s’est construit au tournant du XXe siècle autour du funiculaire», assure-telle un dossier rempli de photos historiques à la main tout en décrivant un immeuble voisin de la gare sommitale. «Les Rosiers datent de 1912. C’est l’un des plus anciens vestiges du Haut-Plateau.» Granges et mayens non compris.

Tout proche de là, une page importante de l’histoire du Haut-Plateau domine la route, l’actuelle clinique bernoise. Sous une autre enveloppe qui n’existe plus que partiellement. «Le Beauregard Palace se situait logiquement à proximité du funiculaire, puisqu’aucune route ne permettait un accès correct.»

Le palace-sanatorium a connu des fortunes et des noms divers avant de laisser la place à la structure actuelle qui reprend les préceptes de Le Corbusier. «Il y a le toit en terrasse, l’horizontalité, les balcons aérés, les pilotis dans le hall d’entrée», explique la guide. A l’époque où le seul remède à la tuberculose était le grand air et l’altitude, Crans-Montana figurait en bonne place des destinations santé.

Des témoins discrets du passé

Un peu plus loin, la balade architecturale devient spirituelle. La halte à l’église permet à chacun de comprendre toute la symbolique et le raisonnement qu’a élaborés le peintre Paul Monnier sur les vitraux. Juste à côté, Sylvie Doriot Galofaro s’arrête devant le bâtiment SMC (anciennement SMV). De bêtes garages alignés en bord de route pourraient croire certains. «Une des rares constructions dans le style Bauhaus de la région. Imaginez-vous qu’ils ont construit treize garages en 1926, alors que la première route qui passait par Granges est construite en 1931. Il s’intègre parfaitement dans le site, utilisant la pente naturelle du terrain.»

Le retour vers le coeur de la station nous impose le passage devant Le Farinet, une maison de la même période, mais d’un tout autre style avec son clocheton. «C’est l’endroit mythique des années folles. Et l’architecture est en lien avec l’époque. On y improvisait même un cinéma qui nécessitait qu’on s’installe dans la rue.»

La balade se termine inévitablement sur la colline du Parc, berceau de la station. Pour les participants, dont tous à une exception près étaient des habitants de Crans-Montana, la visite a été une vraie découverte. «Cela nous permet de voir la station où je suis né sous un jour différent.»Quant à l’artiste Anouck Pittet, c’est «l’intérêt pour une autre lecture de l’art».

Samedi 11 août, Montana: naissance d’une station; lundi 13 août, Crans: des golfs dans la cité. 25 francs par adulte. Renseignements et infos: www.art-ethnovoyages.com ou 078 862 76 13.

Source: Le Nouvelliste, 10 août 2007 page 27