Touché et ému par ces jeunes qu’il avait rencontrés lors de divers enregistrements, Jean-Marc Richard est allé les rechercher cet été pour son nouveau projet d’émission des «Petits Zèbres». «Dans leur manière de dire les choses, ils avaient provoqué en moi quelque chose. Ils m’ont bousculé dans ma vision des ados», nous confie l’animateur romand. Ses précédentes émissions estivales l’avaient mené en Libye, en République démocratique du Congo ou encore au Québec.

Cet été, dans sa Fondation du Rosyl à Crans-Montana, il a réuni dix adolescents originaires de tous ces pays et de la Suisse romande, tous d’anciens Petits Zèbres qui ont bien grandi depuis. «L’émission s’appelle «Qu’est-ce qu’on va faire de cette planète?» Ces jeunes qui ont entre 13 et 18 ans, animent quotidiennement des débats enregistrés en direct et abordent des thèmes fondamentaux. C’est une jeunesse à qui l’on ne donne pas assez la parole», précise l’animateur. Durant deux semaines, ils ont vécu ensemble, mélangé leurs cultures, préparé les débats, enregistré des portraits et monté leur reportage. Car la Fondation du Rosyl n’est qu’un point d’ancrage pour le groupe. «C’est important de cohabiter avec les gens pour voir comment ils vivent. Puisqu’on ne découvre pas la Suisse qu’à travers Crans-Montana, nos reportages nous ont menés dans tous les cantons de Suisse romande.» La découverte des régions s’est faite à travers l’accroche des noms de famille. «Une spécificité suisse que l’on ne retrouve pas dans toutes les cultures. En parcourant les régions, il y a une prise d’ambiance par les jeunes. Ils posent leur regard sur des éléments culturels différents, ça les fait réagir.»

Ce qui sépare et ce qui rassemble

Chaque midi, un thème de fond est abordé à l’occasion du débat en direct. Lors des préparations, des confrontations parfois musclées éclatent. C’est ce qui fait la force de l’émission: la vie, la réflexion et la confrontation… ensemble! Installés confortablement dans le salon du chalet, les intervenants donnent corps au débat. Les minutes passent, ils sont bientôt en direct. «Je suis un grand défenseur du direct, car il provoque cette pression qui génère des émotions», réagit-il. Le direct est lancé. Jean-Marc Richard distribue les micros, ce sont les ados qui gèrent la discussion. Ils s’expriment sur le thème de la mort et de l’absence. On s’écoute, on réagit et on accepte la vision de chacun. «De ces débats ressort le choc des cultures et des trajectoires», explique l’animateur. Des moments parfois difficiles à gérer: «La société fait que certains concepts sont tellement ancrés dans ma tête, que lorsque j’en discute, ça vient me chercher et ça ébranle ce que je pense. C’est un peu épuisant, mais tellement enrichissant», réagit Charlotte, 17 ans, de Montréal. Pour Jean-Marc Richard, l’expérience est tout autant inédite. «En vingt-cinq ans de radio, c’est la première fois que fusionner l’expérience radiophonique et humaine réussit. C’est ma plus belle aventure!»

 Source: Le Nouvelliste page 24.