Ci-dessus vous pouvez visionner le film pour voir le projet architectural
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Auberjonois, Ramuz, Stravinsky, Muret… les artistes qui sont passés par Lens ont laissé derrière eux une tradition culturelle qui devrait connaître un nouvel essor en ce début de XXIe siècle. «Mon père, Pierre Arnaud, s’est installé à Crans-Montana, sur la commune de Lens, il y a plus de 30 ans. Il était un amoureux de la montagne et du Valais, raconte Sylvie Salzmann-Arnaud. Collectionneur, il a rencontré Michel Lehner qui lui a fait découvrir sa passion pour les peintres de cette région. Ils ont d’ailleurs rencontré ensemble Chavaz, Olsommer, Menge.» Pierre Arnaud a alors acheté de nombreuses toiles des différents peintres qui ont œuvré en Valais. Après son décès, Sylvie et Daniel Salzmann ont poursuivi cette collection, notamment sous le conseil avisé du galeriste et commissaire-priseur sédunois Pierre-André Crettenand, aujourd’hui membre du conseil de la Fondation Pierre Arnaud. Ils se sont alors mis à rêver à la création d’un centre d’exposition…
Le rêve: disposer d’un lieu d’exposition dans la région
Ce lieu dont rêvent les descendants de Pierre Arnaud doit avoir deux missions: d’abord mettre sur pied des expositions temporaires, car on sait que le côté événementiel, dans la culture, est le plus attractif. Ensuite, il s’agit de donner une vision d’ensemble de cette peinture, à travers les legs ou des dépôts qui pourraient être faits.
Qui dit peinture, en Valais, pense d’abord à Savièse. Un premier projet y a été imaginé avec l’architecte Mario Botta. Martigny a également été envisagé, avec la volonté de renforcer le pôle culturel de cette ville autour de la Fondation Gianadda. C’est à Lens que la Fondation Pierre Arnaud a trouvé le soutien politique dont elle avait besoin, lieu où les attaches de la famille Arnaud-Salzmann sont toujours fortes. «Mon beau-père, explique Daniel Salzmann, avait également collectionné des pièces de monnaies grecques et romaines; nous avons alors décidé de mettre cette collection en vente pour l’investir ensuite dans la création de ce musée.» Cela s’est concrétisé en juin dernier.
Le futur musée et centre d’exposition sera donc édifié à Lens en bordure de la route qui relie Crans-Montana à Sion, au bord du lac Le Louché. L’architecte Jean-Pierre Emery a conçu un projet qui a totalement séduit le conseil de la Fondation Arnaud et la Municipalité de Lens. C’est ce projet qui a été présenté ce mardi matin à des personnes qui pourraient être intéressées à y déposer leur collection, puis ce mardi soir à la population de la commune.
Une architecture moderne, novatrice
Le bâtiment, sur deux niveaux, offrira environ 600 m2 d’espace d’exposition, soit 3 salles. Il abritera un restaurant avec terrasse, donnant vue sur les montagnes. Ces montagnes qui se reflètent sur les parois de verre font partie du paysage qui a tant inspiré les peintres. La vue, depuis l’ascenseur panoramique vitré, comme depuis le toit conçu comme un jardin (avec un espace ludique pour les enfants), sera magnifique. A l’intérieur, les rayons seront filtrés par des panneaux spéciaux, dotés de cellules photovoltaïques. Ils laisseront passer la lumière idéale pour la mise en valeur des œuvres exposées. Le bâtiment respectera le standard Minergie, mettant tout en œuvre pour tirer le potentiel maximum des énergies renouvelables.
Buts de Fondation Pierre Arnaud
La Fondation Pierre Arnaud a pour but la promotion et la défense du patrimoine culturel du lieu (ou des lieux) où elle exerce son activité. Pour cela, elle achète, loue et constitue tous droits nécessaires à la mise en place d’un musée qui lui permette de présenter au public toutes les collections que la Fondation aura rassemblées. Elle peut donc exploiter et animer cette présentation dans le cadre d’une exposition permanente, installée dans ses locaux à Lens, ou dans tout autre local qu’elle acquerra ou louera à l’avenir.
En complément des Musées cantonaux
La Fondation Gianadda est un exemple parfait de ce que peut faire une fondation tournée vers l’événementiel. «Si nos objectifs sont différents sur le plan artistique, souligne Daniel Salzmann, les ambitions vis-à-vis du public sont similaires, voire complémentaires. On pourrait tout à fait imaginer un parcours des musées valaisans, voire des tours organisés. Une autre fonction de la Fondation sera d’accueillir des collections privées dont les propriétaires, pour une raison ou une autre, souhaiteraient nous les confier. Ainsi ces œuvres ne seront pas dispersées et seront exposées au public qui aura accès à ce riche patrimoine.»
En résumé, le musée de Lens ne concurrencera ni la Fondation Gianadda, ni le Musée cantonal des Beaux-Arts. Il sera au contraire un atout dans la décentralisation de la culture, un lieu vivant où seront organisés de nombreux événements culturels.
Un retour de l’art à ses sources, la montagne
Christophe Flubacher est l’auteur d’un livre sur Les peintres en Valais (éditions Favre, 2003), ouvrage dédié à la mémoire de Pierre Arnaud. Pour l’historien d’art, membre du conseil de la Fondation Arnaud, «édifier un musée de la peinture valaisanne en pleine montagne, c'est revenir aux sources. Car c'est la montagne qui a forgé le caractère spécifique de cette "Ecole", c'est vers elle que les peintres ont d'abord levé les yeux et avec elle, ils ont découvert ses habitants et compris la relation particulière de ces hommes et de ces femmes avec leur environnement.».jpg)
«Savoir qu'il existe en Valais un musée de la peinture valaisanne qui témoignera sans relâche d'un grand passé culturel (témoignage qui nous parle aujourd'hui encore), est un privilège unique. Je ne crois pas que d'autres cantons peuvent s'enorgueillir de posséder un tel objet. Sa raison d'être culturelle pourrait être symboliquement représentée par l'agencement sur deux étages: un premier qui offrirait une collection permanente, incarnant l'abécédaire de la peinture valaisanne; un second étage, qui présenterait des expositions temporaires, ouvertes sur le monde, destinées notamment à vérifier les implications contemporaines d'une telle peinture.» Edifier un musée de la peinture valaisanne à Lens, c'est donc rendre hommage à l'étonnante synergie artistique qui y vit le jour: des peintres (René Auberjonois, Albert Muret), des musiciens (Igor Stravinsky), des écrivains (Charles-Ferdinand Ramuz) ont trouvé à Lens l’inspiration. «Ils se sont imprégnés du caractère particulier du lieu pour produire des œuvres universelles qui nous parlent aujourd'hui encore et dont la répercussion va bien au-delà de la Noble et Louable-Contrée. Tel est l'esprit du musée: vivifier la peinture valaisanne, sans la cloisonner ni la régionaliser, mais l'offrir et l'ouvrir à tous.»
Un atout pour Crans-Montana et Lens
Les autorités politiques de Lens ont été séduites par ce projet, notamment parce qu’il présente un réel atout culturel pour Crans-Montana dans son ensemble et pour la commune en particulier. En effet, le tourisme doit s’élargir vers d’autres offres, complémentaires, la culture est une.
Le patrimoine historique du village pourra être encore mieux mis en valeur. Président de la Municipalité, Fernand Nanchen souligne également l’intérêt suscité par l’approche atypique de ce centre culturel moderne intégré dans un lieu non citadin. Le projet, tant du point de vue culturel qu’architectural, correspond tout à fait à la volonté des élus de dynamiser le village. Le soutien affirmé du Département cantonal de l’Education, de la Culture et du Sport est un élément que Fernand Nanchen se plait à souligner.
En décembre prochain, lors de l’assemblée primaire, le Conseil municipal de Lens proposera d’engager 1,5 million de francs en guise de participation au projet. Le coût total de la création de ce musée et centre d’exposition dépassera les 7 millions de francs. Si toutes les étapes se déroulent sans embûches, le bâtiment pourrait être soumis à l’enquête publique en 2008. La Fondation Pierre Arnaud est déjà propriétaire du lieu où il sera érigé.
L’Etat du Valais se réjouit de la création de ce musée
«L’Etat du Valais, affirme Claude Roch, chef du département en charge de la Culture, ne peut que se réjouir de l’étoffement de l’offre culturelle dans les régions et les communes de tout le canton. Il voit avec plaisir apparaître de nombreux projets liés au tourisme culturel, qui viennent renforcer l’attractivité du Valais et diversifier son offre touristique. Si cette effervescence est en soi réjouissante, elle mérite toutefois une véritable réflexion et un certain accompagnement. Du point de vue du canton, les nouvelles institutions doivent trouver un positionnement qui tienne compte du riche paysage culturel et institutionnel déjà en place en Valais ; ces nouvelles institutions doivent présenter un esprit ouvert aux collaborations et aux complémentarités, afin d’éviter l’apparition de concurrences et de redites entre les institutions culturelles valaisannes.» Claude Roch rappelle que le canton du Valais a mis en place un réseau dont le but est la coordination et l’optimisation de l’activité des dizaines de musées présents dans le canton. Afin d’éviter les redondances et les doublets dans les mandats de collection, le Réseau a notamment mis en place une gestion concertée des collections patrimoniales valaisannes. «Pour garantir la pérennité de ses missions patrimoniales, le canton a progressivement mis en place, depuis le début du 19e siècle, de nombreuses institutions permanentes, comme les archives, les bibliothèques, les médiathèques et les musées. Dans le domaine qui nous intéresse aujourd’hui, le canton a ouvert en 1947 un Musée d’art spécialisé dans la production artistique valaisanne du 18e siècle à nos jours. Ce musée, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de Lens, vient d’être rénové et ses collections sont visibles en permanence. Sur ses 17 salles, 9 sont consacrées à la présentation des peintres actifs en Valais de 1850 à 1960, parmi lesquels on peut relever les noms de Raphael Ritz, Raphy Dallèves, Ernest Biéler, Edmond Bille, Marguerite Burnat-Provins, Edouard Vallet, Albert Chavaz, etc. Les autres salles du Musée d’art du Valais à Sion sont consacrées à l’art contemporain ; elles permettent d’inscrire la production ancienne dans une perspective dynamique, bref : de donner du Valais l’image d’un canton moderne, en phase avec notre temps. » Claude Roch se réjouit donc que le canton ait été sollicité par la Fondation Pierre Arnaud pour développer des synergies, tant au niveau des collections qu’au niveau des expositions. «Cette attitude d’ouverture nous réjouit. Et les premières discussions menées avec la Direction des Musées cantonaux montrent combien il est nécessaire qu’ait lieu une discussion de fond sur l’orientation et le rôle de chaque institution: c’est le préalable obligé pour aboutir à des collaborations constructives, respectant l’identité et les intérêts de chacun.»
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Commentaires
1. Le mardi 23 octobre 2007 à 19:45, par cayrol
2. Le mercredi 24 octobre 2007 à 09:41, par Yves Rey
3. Le samedi 27 octobre 2007 à 10:42, par Véronique
4. Le samedi 27 octobre 2007 à 11:46, par Le JDS Isabelle Bagnoud
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