Priorité aux projets à orientation hôtelière
La majorité de ces grands projets sont portés par des groupes étrangers, écrit Geneviève Zuber qui rappelle que, après le moratoire décrété pour 2007, le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina a fait un pas notable vers une vision cohérente de développement en précisant quels types de réalisations le Valais veut pousser. Les grands projets qui ont une orientation hôtelière (au moins 51% de la quote-part du complexe) n'ont pas besoin d'autorisation et ne sont pas concernés par la lex Koller. Geneviève Zuber nous dit que les lits d'hôtels devront être construits avant les lits parahôteliers, ces derniers devant être mis en location pendant 15 ans au moins. L'hôtelier s'occupera de la gestion des locations. Une orientation tournée vers une forme d'hôtellerie plus souple, pouvant constituer une voie d'avenir, selon la journaliste.

Projets d'intérêt cantonal
Autre catégorie que peuvent viser les complexes d'une certaine importance: celle des projets d'intérêt cantonal. Exigences requises: une proposition bien précise de lits, 50% au minimum, doivent être des lits marchands (lits chauds), c'est-à-dire affectés à la mise en location à des touristes 8 mois par an et ce pendant 15 ans au moins.

De nombreuses questions restent ouvertes
HTR souligne toutefois que ces "bricolages" autour de la lex Koller ne suffisent de loin pas à maîtriser la problématique des mégaprojets. Restent ouvertes les questions comme celle de l'aménagement du territoire, de compétence communale en grande partie, de la provenance de certains fonds étrangers et leur solidité, notamment.
"Quelles relations ces mégaprojets vont-ils entretenir avec le tissu social, culturel et environnemental existant? Quels impacts auront-ils sur le paysage, notre valeur première en terme d'attractivité touristique?" demande Thierry Bruttin qui s'interroge aussi sur l'architecture à la mode aujourd'hui, des chalets kitsch de style Heidiland qui, peut-être, ne seront plus appéciés dans 10 ans.
Pour l'architecte, ce qui est certain, c'est que "l'exercice dépasse les compétences des communes aux moyens souvent limitées et parfois juges et parties étant donné les intérêts en jeu." Et de demander une planification interdisciplinaire globale qui prenne en compte tous les projets, étrangers et également autochtones.

Altitude 1400 va sonder les Valaisans
Thierry Bruttin a également été interviewé pour htr par Miroslaw Halaba et fait le point sur les travaux d'Altitude 1400:
"Afin de renforcer notre appréciation de la situation, nous envisageons de lancer, dans les mois à venir, un sondage représentatif dans l'ensemble du canton. Nous sommes à la recherche du financement."
Soit 20'000 francs environ. Dans le but d'estimer si la population valaisanne partage les doutes de l'association. L'autre mesure prévue par Altitude 1400 est la création d'une structure de conseil pluridisciplinaire, à disposition des instances politiques, avec pour tâche de trouver les solutions au problème de l'urbanisation alpine.


"Eviter les projets qui sont hors sol"
Dans un deuxième article, Marie-Françoise Perruchoud-Massy, prof à l'Institut Economie & Tourisme de la HES-SO à Sierre, estime que les grands projets doivent s'intégrer dans le positionnement de la destination, être en phase avec la culture sociale et l'environnement. "Pour ce faire, il est important que la population adhère au projet".

Précisons de notre côté que, pour ce qui concerne Aminona, une séance d'information publique aura lieu début mars à Mollens, avec présentation à la population du projet, par le groupe russe. Nous vous donnerons plus de précisions très bientôt, ici sur le blog.

Vous retrouvez ici (pdf) l'article sur "Le défi des grands chantiers" et l'interview de Marie-Françoise Perruchoud-Massy.